Macron anti droits de l'homme : La France promeut la répression égyptienne par la vente d'ar
- 7 juil. 2018
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Les groupes de défense des droits de l'homme ont fustigé la France pour ce qu'ils appellent jouer un rôle dans la "répression sanglante" des dissidents en fournissant au gouvernement du président Abdel Fatah el-Sisi des armes et des systèmes de surveillance à la pointe de la technologie. Un rapport compilé par quatre groupes de défense des droits égyptiens et français et publié lundi a révélé que les ventes d'équipements militaires de Paris au Caire sont passées de 39,6 millions à 1,3 milliard d'euros (1,5 milliard de dollars) entre 2010 et 2016.
L'Egypte a utilisé les équipements militaires et de surveillance français pour étouffer toutes les voix critiques contre le gouvernement Sisi, ont déclaré les groupes, y compris l'Institut d'études sur les droits de l'homme du Caire, la Fédération internationale des droits de l'homme, la Ligue des droits de l'homme et l'Observatoire de l'armement. "En fournissant aux services de sécurité égyptiens et aux organismes d'application de la loi de puissants outils numériques, ils ont aidé à établir une architecture orwellienne de surveillance et de contrôle qui est utilisée pour éradiquer toutes les formes de dissidence et d'action citoyenne ", ont déclaré les groupes. L'étude indique également qu'au moins huit entreprises françaises ont "profité de cette répression" en cours depuis 2013, lorsque Sisi, le chef de l'armée de l'époque, a mené un coup d'état militaire pour renverser le premier président égyptien démocratiquement élu, Mohamed Morsi.
"Nos organisations demandent aux entreprises et aux autorités françaises de mettre fin immédiatement à ces exportations mortelles", qui ont lieu en dépit d'une déclaration de l'UE en 2013 selon laquelle les États membres ont gelé les licences d'exportation vers l'Égypte pour des équipements qui pourraient contribuer à la répression de l'opposition dans l'État d'Afrique du Nord. Les institutions de défense des droits de l'homme ont également appelé à une enquête parlementaire française sur ces ventes militaires au milieu des critiques de ce que les militants décrivent comme un manque de transparence sur la manière dont Paris contrôle l'utilisation des équipements militaires exportés.

Après avoir renversé Morsi, Sisi est devenu président de l'Égypte en 2014 et a remporté un nouveau mandat lors des élections de cette année, qui ont été marquées par un boycott généralisé de l'opposition et une campagne d'arrestations et de menaces contre les candidats rivaux de Sisi et d'autres personnalités de l'opposition. Son administration a sévèrement réprimé l'opposition et les partisans du mouvement des Frères musulmans interdit par Morsi dans le cadre d'une campagne qui a fait plus de 1 400 morts et 22 000 arrestations, selon les groupes de défense des droits de l'homme. L'Egypte est l'un des premiers clients d'armes de la France. Le Caire a signé des accords d'une valeur d'environ 10 milliards de dollars en équipements et armes militaires avec Paris depuis 2014.

Les forces armées égyptiennes sont équipées d'un large éventail de matériel militaire français, notamment des avions de combat Mirage et Alphajet, des hélicoptères Gazelle, des navires de guerre Mistral, des véhicules blindés, des missiles et des technologies de surveillance. Les groupes de défense des droits de l'homme ont critiqué les ventes d'armes de Paris à l'Egypte comme un signe de soutien politique à une administration répressive. Ils disent que la France, sous la présidence d'Emmanuel Macron, a fermé les yeux sur les violations croissantes des libertés par le gouvernement de Sisi. En octobre 2017, lors d'une réunion avec Sisi à Paris, M. Macron a été contraint de soulever des questions relatives aux droits de l'homme, y compris des rapports sur la répression politique en Égypte. Avant le voyage de Sisi en France, Human Rights Watch avait exhorté le gouvernement de Paris, dans un rapport, à faire en sorte que les droits de l'homme soient au cœur de ses relations avec Le Caire, en soulignant que "continuer à soutenir le gouvernement répressif de l'Egypte trahirait les courageux militants du pays, qui courent de graves risques en essayant d'améliorer leur pays". Le chef de l'Etat français a cependant refusé de tenir compte de ces appels et a déclaré que ce n'était pas à lui de "faire la leçon" à l'Egypte sur les libertés civiles.
Traduit par Dr.Mo7oG






















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